En attendant le déconfinement qui se rapproche, TVT a eu envie de donner la parole à celles et ceux, qui, depuis octobre, restent dans l’ombre : ces restaurateurs et restauratrices, chefs et cheffes, qui sont mis sur pause forcée, à l’arrêt.


Que se passe-t-il dans leur tête ? Quel quotidien anime leur journée loin des clients ? La cuisine reste-t-elle au centre de leurs activités ?
Pour ce deuxième chapitre “Paroles de cheffe”, place à Ève-Laure, à la tête du restaurant nîmois Le Coin, une adresse qui parie tout à la fois sur les parfums, les couleurs, les saveurs et l’esthétique dans l’assiette. Et visiblement, notre protagoniste du jour, à l’arrêt depuis fin octobre, n’a rien perdu de son optimisme.

Dans quel état d’esprit es-tu ?

« Je vais bien ! Mon travail est une passion mais je ne me définis pas que par celui-ci. Je suis optimiste. On a un petit restaurant et on va s’en sortir, je n’ai pas d’inquiétude là-dessus. Cela fait 10 ans que je n’avais pas pris de vacances, on va dire que je me suis bien reposée ! »

Restaurant fermé, cuisine à l’arrêt : que fais-tu de tes journées ?

« J’en ai profité pour reprendre toutes mes recettes phares depuis trois ans, celles qui ont le plus séduit, et je les aies toutes réécrites. Je fais aussi des dessins. C’est quelque chose que je ne faisais jamais. L’idée, c’est de refaire certains plats de manière peut être plus récurrente. Cela me donne l’occasion de retravailler mes recettes. Et la cuisine du restaurant a été refaite. »

Cette période te-donne-telle de l’inspiration pour créer de nouveaux plats, imaginer de nouvelles recettes ?

« Je cuisine à fond ! J’ai fait de nombreux condiments, par exemple des bouillons de légumes déshydratés, ou encore le massala indien en passant toutes mes épices au petit moulin, des choses qu’en temps normal, on ne peut pas faire. Ce que j’aime, ce sont les assaisonnements qui permettent de dévoiler les produits locaux avec lesquels je cuisine. Cela alimente mes envies d’ailleurs tout en respectant mes envies de travailler des produits locaux.
J’ai aussi beaucoup travaillé les plats végétariens tout comme les restes et les épluchures afin de “potentialiser” tous les produits de la cuisine. J’ai utilisé ce temps suspendu pour aller rencontrer les producteurs, des futurs partenaires. J’ai ainsi fait une superbe rencontre du côté de Montpellier avec une fabricante de soja cultivé en biodynamie. »

Confinement, déconfinement, cite quatre ingrédients qui ne quittent pas ta cuisine ?

« Les herbes aromatiques et les épices, les huiles d’olives, la sauce soja et le riz, qu’il soit de Camargue, semi complet… »

Comment imagines-tu la réouverture des bars et des restaurants ?

« Je crois qu’on pense tous un peu aux années folles mais je suis certaine que cela se fera de manière progressive, qu’on aura nos masques, des distances à respecter… Je ne pense pas que cela va repartir sur les chapeaux de roues du jour au lendemain comme auparavant, mais j’ai tellement hâte de rouvrir qu’on s’adaptera. Il y aura quand même une sorte d’euphorie. »

Propos recueillis le 20 avril 2021.
Le coin
8 rue Reboul
30000 NIMES