Elle démarre ses journées sur les chapeaux de roues, Léa Chiari. Tout sourire, carburant à l’énergie positive, la Nîmoise est une fonceuse. À quelques semaines de l’ouverture de sa première boutique, cette jeune pâtissière, révélée sur le tard, nourrit de belles et gourmandes ambitions. Rencontre.

Ses tartes peuvent prendre la forme des éclairs (ceux qui se mangent), ses cakes chocolat devenir des “fingers”, ses entremets marier coco, citron vert et crumble de cassonade, ou bien encore framboise, vanille et pistache ! Pour Léa Chiari, nouvelle pâtissière révélée en pleine pandémie, la priorité des priorités, « c’est d’abord de se faire plaisir et de se régaler. »

Enfant de la Cité des Antonin, ayant arpenté la Rome française de long en large jusqu’à l’âge de ses études, Léa Chiari a débuté sa vie professionnelle dans une banque, service ressources humaines. Une expérience qui ne lui permet pas de mettre à profit sa fibre « artisanale et artistique. » La naissance de son premier enfant lui procure l’effet d’un boomerang. « C’est revenu à moi tellement naturellement que je n’ai pas trop chercher à lutter. J’ai voulu me recentrer sur mes envies, j’ai commencé la pâtisserie… » Inutile de terminer la phrase, un éclat de rire fait office de point d’exclamation. Elle reprend : « J’avais envie et besoin de plus de liberté. »

Formation chez Ducasse

Assez rapidement, la jeune maman se met en quête d’une formation. Entre Ferrandi et Ducasse, son cœur balance mais c’est finalement au Puy-en-Velay dans les prestigieuses cuisines de l’École supérieure nationale de pâtisserie (chez Ducasse donc), installées dans un château, qu’elle se forme. Huit mois non-stop d’apprentissage, des réveils à 4 h du matin pour les classes pratiques, suivies des cours de théorie en deuxième partie de journée. Formation intense, reconversion passionnante. « Je me suis totalement épanouie, j’y ai vécu huit mois de rêve. » Un stage chez Christophe Michalak complète cette formation couronnée d’un diplôme en 2020. Depuis, Léa Chiari crée des gâteaux et pâtisseries, d’abord de manière confidentielle pendant les confinements, pour sa famille, ses proches et les amis des amis, « puis le bouche à oreille a fait le reste. »

Regards pétillants, cheveux tirés, le teint bronzé, cette néo-pâtissière de 34 ans est aussi en passe de devenir jeune entrepreneuse. Sa boutique ouvrira fin juillet avenue Roosevelt, un secteur qu’elle n’a pas choisi au hasard. « Je voulais que les gens puissent venir facilement sans problème de stationnement, dit-elle, et dans un quartier qui faisait sens, entre Les Halles et la fromagerie Vergne. Ce local m’est apparu idéalement placé. »

Imaginée comme un laboratoire où l’équipe (composée de trois personnes en plus de Léa) sera à l’œuvre devant le regard des clients, cette boutique doit mettre en avant « des produits plutôt haut de gamme et le plus possible issus de l’agriculture biologique, et du circuit-court aussi » explique l’entrepreneuse, juste avant de rejoindre les champs de la Coccinelle bleue, producteur bio de Bouillargues que s’arrachent les chefs et restaurateurs nîmois. Elle veut faire de ses fameux fingers, sa marque de fabrique, entre autres créations très personnelles, « avec un visuel très travaillé ». Il y aura une touche Léa Chiari, une personnalité. « Mon idée, c’est évidemment de proposer des grands classiques, mais en les revisitant à ma façon », poursuit la pâtissière qui aimerait aussi « mettre en place le dressage dernière minute », devant les clients, et commence à réfléchir à « des créations sans gluten ». « On mise sur la transparence, on conçoit une visite à la boutique comme une expérience », précise celle qui prévoit d’ouvrir du mercredi au dimanche. « L’idée, c’est qu’en boutique, on échange avec les clients, on explique notre démarche et nos convictions. » Pour déguster les premières notes gourmandes, rendez-vous fin juillet/ début août !

Agathe Beaudouin
Photos Anthony LUONG

En bref :
Léa Chiari pâtisserie
15b avenir Franklin Roosevelt
30000 Nîmes
Instagram : Léa Chiari