On les a découvert sur Facebook cet été, d’abord parce que leur nom nous plaisait, et puis parce qu’ils nous annonçaient une tournée estivale. C’était franchement drôle et sympa. Et on a voulu en savoir plus.

Direction Fourques, au beau milieu d’une vaste zone agricole longeant le Rhône, pour rencontrer Yoan Tavares et Basile Passe, les deux fondateurs du Vin des potes. C’est bien là, dans un garage grand comme deux stands des Halles de Nîmes, que tout a débuté il y a quatre ans. Les deux copains, passionnés de vins et fins connaisseurs de cépages, partageant le même goût des vins qui respectent le plus possible le cycle naturel et où la chimie n’a guère son mot à dire, développent tout à fait sérieusement l’idée cocasse de créer leurs propres cuvées. Comment ? Avec les raisins (enfin les jus) des vignerons. Ils deviendraient “fabricants” de vins. « C’est venu un peu comme ça, naturellement, confie Yoan, l’ancien sommelier du restaurant étoilé La Chassagnette. On en a parlé entre nous, puis à un ami vigneron qui était partant, et qui nous a donné notre chance. » Une cuvée 100% syrah pour débuter, qui n’allait par rester orpheline, mais à ce moment-là, personne ne le sait encore. « En 2016, on a appelé ça le Vin des potes, car c’est vraiment ce que c’était. Des bouteilles pour nous et nos amis. On n’avait pas du tout en tête l’idée de faire un business plan, et encore moins que cela deviendrait notre activité. » De fait, l’histoire de s’arrête pas là. Les deux épicuriens se piquent au jeu, aiment réaliser l’assemblage et le travail en cave. De leurs côtés, les vignerons qu’ils rencontrent sur le terrain sont bien séduits par cette démarche.

Yoan Tavares. (Photo Gilles Lefrancq)

Aujourd’hui, les deux amis se consacrent à plein temps à leur nouveau métier et le garage de Fourques sera bientôt trop étroit. Le Vin des potes est devenu une belle histoire, où s’entremêlent les coups de cœur de nos deux hommes pour des vignerons, d’où s’ensuit une collaboration viticole. Ainsi leurs 17 cuvées ne se ressemblent-elles pas, issues aussi bien d’un terroir Croze-Hermitage que des Terrasses du Larzac ou de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce. Se définissant comme des “marchands de vins”, ces deux artisans bénéficient d’une reconnaissance assez généralisée partout où ils passent. Leurs vins, très axés sur la buvalité, se veulent fidèles au terroir d’origine, et donc tous très différents. « Notre envie, c’est de conserver une identité propre au lieu d’origine du vin », affirment d’une même voie ces deux néo-viniculteurs.

Ils défendent et assument aussi clairement une convivialité, qui se ressent jusque sur les étiquettes créatives et jamais redondantes de leurs bouteilles. Le Vin des potes, c’est un concept, un miroir pour les vignerons qui découvrent de nouvelles facettes de leur travail. « C’est intéressant de collaborer avec les vignerons et de voir ce qu’on peut faire d’un même raisin ! Nous, on aime et on défend les vins travaillés proprement, de la vigne jusqu’à la vinification. Tous les jus sont issus de vignes saines, bio ou ayant la mention Demeter. »
Parmi les vignerons qui ont accordé leur confiance à ces faiseurs de vins d’un nouveau genre, citons l’ancienne journaliste de Libération reconvertie vigneronne, Catherine Bernard (Restinclières), Matthieu Barret de Cornas ou les Frères Ledogar, basés en Corbières. Mais aussi le Mas des Agrunelles à Argelliers ou Stefano Amerighi, de Cortona, en Italie, pour lequel notre duo ne tarit pas d’éloges !

(Photo GL)

Petit à petit, le Vin des potes s’immisce sur de nombreuses tables, et pas seulement celles de leurs copains. L’initiative charme des restaurants étoilés au Michelin, comme les restaus bien sympas de nos contrées et des cavistes engagés à défendre ces “nouveaux” vins sans chimie ajoutée. Yoan et Basile, eux, se laissent volontiers porter par cette aventure qui se construit au gré des rencontres humaines avant tout et ne tirent surtout pas de plan sur la comète. La suite s’écrira au fil des cépages…

Yoan Taveres et Basile Passe, les deux amis et fondateurs du Vin des potes.
(Photo: Gilles Lefrancq).

Où les trouver près de chez vous : Chez Flacons (Nîmes), Vins chez nous (Alès), Les Insolents (Uzès), Le Caveau de la Mère Minard (St Quentin la Poterie), La Cave de Trinquetaille (Arles), La Cave des Saveurs (Arles).