Il existe des lieux qui attirent l’œil, qui interpellent, qui titillent la curiosité. Et cette épicerie-là en fait résolument partie. Direction Nîmes, et sa rue Notre-Dame, pour pénétrer dans cette boutique qui multiplie les casquettes. Tout à la fois maraicher, charcuterie, crémerie et traiteur, ce magasin d’angle aux odeurs addictives n’est pas tout à fait ordinaire. Difficile de résister à l’appel des cocottes !

À sa tête, Maryline et Laurent Larreche, un couple qui, il y a une dizaine d’année, a décidé de changer de vie. Reconversion professionnelle, rencontre, envie de changement et de nouveauté… À cette période, lui, Laurent, fils et petit-fils de boucher dans le pays Basque, dit ne plus se reconnaître dans l’agroalimentaire où il mène carrière. « J’avais envie de quelque chose qui corresponde plus à mes valeurs. » « À un moment, on s’est lancé, on s’est associé avec un ami et on a ouvert cette épicerie pour vendre des fruits et légumes » reprend, installée derrière le comptoir, Maryline.

Aux saveurs de Notre-Dame a ouvert ses portes il y a dix ans. Ph GL

“L’épicerie du diable !”
Mais l’histoire n’allait pas s’arrêter là. L’héritage familial qui coule dans leurs veines se compose de produits du terroir non transformés, un patrimoine gourmand qui, au fil du temps, est devenu un sacré allié.
« Au départ, on ne vendait que des fruits et légumes mais progressivement, les clients ont demandé tels produits ou tels autres produits… Nous, nous étions déjà dans une démarche circuit-court et zéro déchet à la maison, on fait attention à l’indice carbone, on a essayé de l’appliquer le plus possible dans notre magasin », explique Maryline, devant quelques charcuteries fumées maison.

Poitrine de porc fumée… maison par Laurent Larreche. Ph GL.

« Et on est un peu devenu l’épicerie du diable », sourit Laurent, sans perdre d’un œil… ses grandes marmites colorées. Car oui, au cœur de la boutique, trône un piano où le chef mijote divers plats, réconfortants et gourmands : gardianne de taureau, axoa (soupe basque qu’il réalise à base de viande veau hachée), mijoté de veau de Lozère aux cèpes, tripes de veau de Lozère…. que le client peut emporter dans son cabas. Autant dire qu’une fois pousser la porte d’entrée de chez Maryline et Laurent, les odeurs peuvent facilement mettent l’eau à la bouche. « Nous ne travaillons qu’avec des producteurs que l’on connaît et dont on sait comment ils travaillent », tel un certain Mathieu Rio, installé à Saint-Bénézet, et qui fournit le baron des Cévennes et les fromages de chèvre. 

L’axoa, l’un des plats signatures du chef ! Ph GL

Faisant face à l’incontournable bar du XXe siècle, cette épicerie propose quelques pépites : huile d’olive en vrac, citron caviar, moutarde de Meaux, mayorquine, roquefort du Vieux Berger et bien d’autres jolies références… Elle n’a pas non plus renoncé à la simplicité d’un poulet rôti fermier. « On aime bien manger, on aime la bonne cuisine et on certain que ce n’est pas forcément plus cher », résume la maîtresse de lieux. À eux deux, Maryline et Laurent ont su donner une âme toute particulière à leur petit commerce où se réfugient nombre d’habitués. À l’angle de la rue Séguier et de la rue Notre-Dame se trouve un véritable Petit Poucet du bon et bien manger qui résiste aux mastodontes de la grande distribution.

Maryline et Laurent Larreche. Photos Gilles Lefrancq

27 bis rue Notre-Dame.